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Point de vue sur le choix de la vidéo-surveillance

 

Non, les maires ne sont pas défaillants, par Jean-Paul Bret
LE MONDE | 01.03.10


Selon la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, la Loppsi, votée le 16 février en première lecture par l'Assemblée nationale, un préfet sera désormais autorisé à passer outre l'avis d'un maire dans certains cas de sécurité extrême, comme le terrorisme. Il pourra ainsi se substituer à son autorité dès lors que l'édile fera montre de défaillance, comme l'a évoqué Brice Hortefeux, le ministre de l'intérieur, lors du  débat

En tant que maire de Villeurbanne, j'ai émis des réserves sur la pertinence de la vidéosurveillance. Je ne cultive pas les oppositions de principe. Je pense même qu'en quelques cas de figure elle peut s'avérer efficace, notamment dans des espaces clos. Mais - et tous les analystes le disent - elle ne peut pas être présentée comme un remède miracle, sachant que même Scotland Yard la qualifie de "fiasco". Parmi les études menées par de nombreux chercheurs, appartenant à différentes disciplines, aucune ne permet de conclure à une efficacité quantifiable. Quant aux démonstrations du ministère de l'intérieur, leur méthodologie est - pour le scientifique que je suis également - comparable à ce que l'astrologie est à l'astronomie.


C'est pourquoi, et contrairement à ce que me demandait le préfet du Rhône, j'ai refusé que la vidéosurveillance se généralise sans discernement sur la voie publique de ma commune, lui préférant de loin une présence policière de proximité, bref l'humain contre la machine ! L'actualité récente - notamment dans les établissements scolaires d'Ile-de-France - a montré que les caméras n'empêchaient pas la violence. Quant aux hommes - je veux parler des policiers -, ils sont malheureusement soumis à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Ainsi, la police nationale de Villeurbanne a perdu 50 agents sur les 200 en poste il y a huit ans.

Une question se pose désormais aux maires. Demain, un préfet considérant la divergence de propos d'une municipalité pourra-t-il conclure à sa défaillance ? Le risque sera grand alors de voir les représentants de l'Etat se substituer à ceux du peuple, au plus grand mépris du suffrage universel. A la fin du XIXe siècle, l'Etat avait trouvé une solution radicale pour étouffer la parole des élus. La loi des maires, votée en 1874 après trois ans seulement de libertés municipales, lui redonnait le droit de les nommer et de leur retirer leur pouvoir de police.

Le motif de défaillance, qui revient à instaurer un nouveau délit d'opinion, est le bâillon d'aujourd'hui ! Cette conception curieuse de la démocratie pourrait s'avérer plus dangereuse que le terrorisme dont elle est supposée nous protéger.

 

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